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Maroc/Algérie: le prix de la réconciliation ?

Alors que s’activent sans aucun doute de nombreuses médiations entre Rabat et Alger pour dépasser la crise qui les oppose, des questions pertinentes se posent aussi bien sur la nature des concessions que le régime algérien doit faire pour espérer normaliser ses relations avec le royaume du Maroc que des conditions que Rabat doit formuler pour opérer cette grande réconciliation entre les deux pays.

Concessions car tout le monde part du constat que si les relations entre les deux pays ont atteint ce niveau de tensions et de rupture, c’est principalement à cause de la politique d’escalade choisie par les militaires algériens comme mode de gouvernance pour espérer assouvir leur rancune et autres fantasmes de de puissance et de domination.

Depuis le début de cette crise actuelle entre les deux grands pays du Maghreb sont apparus deux protagonistes aux comportements et à la posture opposés. L’Algérie par le biais de son armée qui rompt les relations  diplomatiques, ferme l’espace aérien, maintient la fermeture des frontières terrestres, supprime le gazoduc maghrébin et inonde le voisin marocain d’accusations aussi farfelues qu’irréelles. Comme celles d’être, avec Israël ,  derrières les incendies de la Kabylie ou d’avoir bombardés de paisibles commerçants algériens à la frontière saharienne avec l’Algérie.

De l’autre côté, le Maroc qui refuse d’inscrire son action dans la dynamique de cette escalade, ne répond pas aux multiples provocations. Mieux, Le Roi du Maroc Mohammed VI ne rate aucun discours pour tendre la main de la fraternité et de la réconciliation au peuple algérien.

Et fait rare dans les grands discours diplomatiques, Il donne même des garanties et des assurances qu’aucun danger ne menacerait l’Algérie depuis le Maroc étant donné la communauté de destin des deux pays. La parole de Mohammed VI est à ce stade limpide et déterminé: « A ce propos, je rassure nos frères en Algérie : vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc qui n’est nullement un danger ou une menace pour vous. En fait, ce qui vous affecte nous touche et ce qui vous atteint nous accable.

« Aussi, nous considérons que la sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc. »

Donc pour n’importe quel médiateur, qu’il soit saoudien ou européen, il doit prendre en compte cette situation: l’un toute en agressivité, en tensions et en ruptures. L’autre toute en diplomatie et main tendue portant une puissante conviction de défendre ses droits nationaux et son unité territoire

Pour dégoupiller cette crise entre le Maroc et l’Algérie qui,  en plus de menacer la stabilité régionale, empêche manifestement la tenue d’un sommet arabe, l’Algérie doit faire des concessions et la Maroc doit avoir des exigences indiscutables.

Une des premières concessions est d’obtenir que l’armée algérienne  lève son parrainage militaire sur le Polisario et encourage elle aussi comme la plupart des acteurs de la communauté internationale l’option de l’autonomie du Sahara proposée par le Maroc. Pour beaucoup d’observateurs, cette demande marocaine peut paraître surréaliste dans le contexte d’une armée algérienne qui s’accroche au Polisario comme le pendu à sa corde. Mais jamais le contexte politique n’a été aussi favorable à un grand tournant algérien sous pression internationale sur cette question .

Après avoir fait en sorte de vider de toute leur substance toutes  les mesures  agressives algériennes contre le Maroc, le Royaume  fort de son droit et des ses alliances peut exiger qu’un retour à la  normale qui sortirait l’Algérie  de son isolement doit fatalement passer par une grande révision algérienne de sa position sur le Sahara marocain.

Aussi bien le temps que les rapports de forces, les nouveaux équilibres sont en faveur du Maroc. Tandis que l’Algérie vit sous la glaive de l’urgence politique, économique et diplomatique.  Plus que jamais le régime algérien a besoin de sortir de l’impasse. Il ne peut le faire par le moyen de la confrontation militaires sous peine d’être catalogué Etat voyou par la communauté internationale. Il pourrait le faire par un changement de stratégie vers ce noeud du problème entre le Maroc et l’Algérie , le Polisario.

Le prix de la future réconciliation entre Alger de Rabat ne doit pas être moins l’adhésion algérienne à la solution de l’autonomie sous souveraineté marocaine. Ce tournant n’est aussi difficile qu’il ne le paraît. La question du Polisario n’est pas une affaire du peuple algérien. Il s’agit d’une carte de pression et d’influence utilisée depuis de décennies par l’armée algérienne pour tenter d’obérer et de contester le leadership marocain dans la région ni plus ni moins.

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