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Les arabes et le Polisario

A chaque grande accélération de l’histoire dans le dossier du Sahara marocain, la question des positions des pays arabes se pose avec une grande acuité.

Au cours de l’examen par le conseil de sécurité de cette affaire qui a définitivement fixé le cadre de sa future résolution, les pays arabes ont eu l’occasion d’exprimer leurs visions de ce conflit.

Les pays du Golf, dépassant toutes les divisions, surmontant leurs divergences, ont exprimé leur soutien total et entier à la solution proposée par le Maroc et validée par la communauté internationale.

Les positions des uns et des autres, de l’Arabie saoudite au Qatar, passant par les Emirats arabes unis, la Jordanie ou l’Égypte, tombaient comme autant de désaveux et de coups durs pour la stratégie algérienne.

Le Maroc recueille par là le fruit de ses investissements diplomatiques, à base de modération et d’approches équidistantes. Les relations décisives et équilibrées qu’il a su développer avec ces pays arabes lui ont procuré ce soutien presque unanime qui montre par un effet de miroir et de loupe la grande solitude et l’isolement du régime algérien dans sa volonté de porter atteinte à la stabilité régionale.

Dans l’ensemble du monde arabe et musulman, deux tendances se distinguent à l’égard du Maroc. Une majoritaire portée par les pays du Golf et leurs alliés qui ont toujours fait de la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara et de son unité territoriale une constante politique et ont agi ainsi dans les forums régionaux et internationaux.

L’autre tendance est pilotée par l’Algérie et l’Iran . On trouve des soutiens aux séparatistes du Polisario chez les fractions libanaises, le Hezbollah et palestiniennes financés par l’Iran . De nombreux rapports ont fait récemment état d’un soutien logistique et de transfert d’expertise et de savoir-faire guerrier de la part du Hezbollah libanais vers les milices armées du Polisario. Cette incursion iranienne dans ce conflit au Maghreb est à l’origine de la tension, voire la rupture entre Rabat et Téhéran

Mais la principale tendance anti-Maroc est animée par le régime algérien qui a mobilisé la totalité de son énergie pour faire triompher, en vain , le projet séparatiste du Polisario.

Dans ce concert arabe presque unanime, la Tunisie s’est distinguée lorsqu’elle s’est abstenue lors du vote de la résolution du Conseil de sécurité sur le Sahara ce vendredi 29 octobre 2021.

La Tunisie, historiquement proche du Maroc depuis les époques Bourguiba et Ben Ali, a surpris la galaxie des observateurs par cette abstention perçue par les Marocains comme une prise de position inamicale à leur égard.

La Tunisie d’aujourd’hui n’est pas à son premier coup d’animosité à l’égard du Maroc. Lorsque le parti islamiste d’Annahda qui, contre toute logique politique entretient d’excellentes relations avec le régime militaires algérien, avait formulé la proposition saugrenue de former un mini Maghreb sans le Maroc.  Son chef Rached Ghannouchi voulait selon toute vraisemblance donner des gages de fidélité à l’institution militaire algérienne.

Aujourd’hui, le positionnement de la Tunisie sur le Sahara marocain est sans aucun doute dicté par les multiples pressions et chantages exercés par l’Algérie sur les autorités tunisiennes. Chantage à l’aide économique. Chantage à la pression sécuritaire, l’Algérie du président Tebboune a transformé la Tunisie en un pays contraint dans son expression et obligé de suivre les lubies algériennes dans la région. Alger tente de pratiquer le même style de pression et de chantage sur la Mauritanie voisine avec un succès très mitigé.

La Tunisie du président Kaïs Saïed qui vit une séquence politique instable et une crise économique sans précèdent entretient manifestement une relation obligée avec son voisin algérien qui lui impose des limites dans ses choix diplomatiques et ses relations régionales.

Cette situation relativement nouvelle est de nature à interpeller la classe politique tunisienne sur le libre arbitre des choix diplomatiques du pays. Dans le fond comme dans la forme, cela pourrait rappeler l’épisode turc quand le parti Annahda a voulu offrir des facilités aux autorités turques pour assoir leur domination militaire sur le voisin libyen. Cela avait provoqué un tollé, une crise tunisienne et un débat sur les alliances extérieures de la Tunisie.

En plus de tout cela, la Tunisie de Kaïs Saïed sera amenée à donner des explications convaincantes au Maroc pour cette attitude  sinon inamicale, du moins ouvertement complice avec les  permanentes tentatives algériennes d’obérer les rêves unitaires des Maghrébins.

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