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Parlons Sahara : Le polisario et la leçon de Genève

Tandis que s’achevait il y a quelques jours à Genève une importante session de l’Internationale socialiste, instance fédérative des partis socialistes dans le monde, se préparait à Marrakech le Forum global de lutte contre le terrorisme. Quel est le point commun entre ces deux événements ? Qu’est-ce qui pourrait, le cas échéant, retenir l’attention politique des observateurs ? Ni plus ni moins la sécurité, et pour le Maroc, la sécurité au Sahara et dans la région…C’est à coup sûr le dénominateur commun.
A Genève, le débat de l’Internationale socialiste était, entre autres, dominé par la sempiternelle interrogation : faut-il ou non accepter l’adhésion du polisario au sein de cette institution ? Et donc y entériner son intégration comme membre à part entière. Débat houleux au cours duquel les socialistes marocains, représentés par une délégation de l’USFP, conduite par Habib El Malki, président de la Commission administrative de l’USFP, ont opposé une fin de non-recevoir aux revendications insistantes des séparatistes – soutenus ouvertement et fortement par le gouvernement algérien – pour adhérer à l’Internationale socialiste. Pour El Malki, «la demande de statut de membre a été rejetée sans hésitation par le comité d’éthique de l’Internationale socialiste, mettant ainsi fin aux manoeuvres des séparatistes et de leurs commanditaires. Les délégations présentes à Genève sont fatiguées et agacées par le travail de propagande des représentants du polisario». Il est peu de dire que les «délégations sont fatiguées», en fait, elles subissent depuis des lustres un harcèlement, médiatique et autres, qui s’apparente souvent à des menaces tout court. Le polisario, création «ex-nihilo» de l’Algérie, paravent déguisé de son expansionnisme, n’a cessé depuis 1975 de recevoir un appui massif, politique, diplomatique, militaire surtout, et de faire l’objet d’une instrumentalisation au niveau des instances diverses pour nourrir l’hostilité antimarocaine. Il faut, bien entendu, remonter loin pour comprendre les aspects de telles manoeuvres.
Le gouvernement algérien s’est toujours proclamé «socialiste», adjuvent à l’appellation République populaire démocratique, et depuis l’indépendance en juillet 1962, l’attachement au bloc socialiste, donc à la Russie soviétique, a été constamment réitéré. On pouvait imaginer que l’Algérie «socialiste» était chez elle, au sein de l’Internationale socialiste. De fait, avant la chute du Mur de Berlin et l’effondrement ahurissant du bloc socialiste en 1991, il allait de soi que les membres de cette Internationale soutiennent et l’Algérie et ses stipendiés du polisario… Entre Mexico où l’Internationale socialiste s’est réunie en 2013 et Genève aujourd’hui, le même langage a été tenu et appliqué : le polisario ne sera pas un membre adhérent à part entière de cette organisation, tant s’en faut. Il a été toléré comme simple «observateur», sauvant l’honneur de la délégation algérienne qui a déployé d’insoupçonnables arguties pour l’y faire admettre, en vain.
La question est là : si par le passé alors qu’elle était si présente et même «puissante» sur la scène du socialisme mondial, l’Algérie n’avait pas réussi à imposer sa créature séparatiste, pourquoi y parviendrait-elle à présent, alors que le baril de pétrole chute gravement pour atteindre 58 dollars ? Autrement dit, l’économie algérienne qui est consubstantiellement liée au prix du pétrole, pourrait-elle supporter cette chute et continuer en même temps à déverser le flot de dollars à des pays ou des mouvements soudoyés pour soutenir le polisario. La réunion de l’Internationale socialiste à Genève est une nouvelle leçon qui nous confirme le mouvement irréversible du recul du polisario et de ses commanditaires.
Hassan Alaoui



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