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Maroc et l'UE : Les discussions ne changeront rien au sujet d’exportations agricoles

Stefan Füle, commissaire européen chargé de la Politique européenne de voisinage et de l’Elargissement est en visite au Maroc. S’il abordera surement la question de la réforme de la PAC, les discussions n’aboutirons à rien. Elles ne portent que sur son impact négatif sur les exportations agricoles marocaines.

Les membres du gouvernement et le président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, se sont entretenus lundi 19 mai 2014, avec le commissaire chargé de la Politique européenne de voisinage et de l’Elargissement, Štefan Füle, en visite de travail de trois jours au Maroc. La question de la réforme de la procédure de dédouanement des produits agricoles marocains à leur entrée dans l’UE, qui a soulevé la colère du gouvernement marocain, a certainement été soulevée.

Interpelé à ce sujet par Yabiladi, ce matin, lors du Forum de partenariat France-Maroc, Jean-Marie Grosbois, président de la Chambre de commerce et d’industrie français au Maroc a assuré : « à ce stade des négociations rien n’est joué. Le problème n’est pas la réforme mais la tarification douanière. Les négociations avancent laissons les faire. »

Prix d’entrée variables

Pourtant, à la délégation de l’Union européenne à Rabat, quelques jours plus tôt le message qui nous avait été donné était clair : « ce règlement est déjà adopté par le Conseil et le Parlement UE et donc l’UE ne peut modifier l’acte de base et revenir à l’ancien système de dédouanement qui a été la source de critiques récurrentes. »

Pour les exportateurs marocains de fruits et légumes, l’ancien système était déjà synonyme de contingents mensualisés, selon un calendrier et de prix d’entrée minimal sur le marché européen, à défaut de quoi il risquait des pénalités rapidement dissuasives. « Mais pour l’Europe, ça ne suffit pas : les prix d’entrée étaient jusqu’ici bloqués. Avec la valeur forfaitaire d’importation, elle va les faire varier autant qu’elle le voudra quotidiennement. C’est une arme déloyale », s’indigne Najib Akesbi, enseignant chercheur à l’Institut agronomique et vétérinaire de Rabat.

Discussions sur l’impact

Aujourd’hui, les débats entre les services de la Commission européenne et le ministère de l’Agriculture marocain portent donc les conséquences de cette réforme. « Les services de la Commission ont proposé de continuer ces discussions en particulier pour mieux comprendre l’analyse faite par les autorités marocaines de cet impact », indique Rupert Joy, ambassadeur de l’Union européenne à Rabat, en réponse aux questions de Aujourd’hui le Maroc.

Suite au vote final de la réforme européenne, Houcine Aderdour, président de la Fédération interprofessionnelle de production et d’exportation des fruits et légumes estimait, alarmiste que « plus de 50% de nos produits agricoles ne [seraient] plus exportés en Europe ».

Inquiétudes en France même

Même en France, où les producteurs locaux se réjouissent pourtant, la plateforme multimodale de fruits et légumes Saint Charles, à Perpignan, partage les inquiétudes du Maroc. Par exemple, une entreprise ne pourra plus conclure des contrats trimestriels ou semestriels avec la grande distribution pour lui fournir des tomates marocaines, explique une porte-parole à wk-transport-logistique.fr. Dans un communiqué la plateforme explique que « cette mesure aura un impact négatif direct sur le chiffre d’affaires » des 150 entreprises parties prenantes de la plateforme et sur l’activité de Port-Vendres, où est situé son terminal fruitier. Elle estime à un tiers la baisse des importations en provenance du Maroc.

Pour Najib Akesbi, l’impact de l’entrée en vigueur de cette nouvelle procédure prévue pour le 1er octobre prochain ne sera pas nécessairement visible immédiatement si l’Union européenne cherche, comme s’est prévisible, à faire momentanément profile bas. « Tout dépend des prix qui seront fixés. Les premières VFI pourraient ne pas être exorbitantes pour apaiser la colère et l’inquiétude des Marocains, jusqu’à ce que le système soit admis et rentre dans les mœurs. Elles pourront augmenter ensuite pour protéger les productions françaises et espagnoles de la concurrence marocaine », explique-t-il.



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