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9è congrès du PPS : Nabil, belote et rebelote ?

Le neuvième congrès du Parti du Progrès et du Socialisme, PPS, se tient dans les jours à venir, précisément les 30 mai et 1er juin prochains.

A la veille de cet événement d’importance pour le parti fondé par Ali YATA, les articles de presse se multiplient, parfois « inspirés » par certains qui projettent sans nul doute de briguer le poste, très convoité, de secrétaire général du PPS.

Cette multiplication des candidatures, qualifiée parfois de « syndrome d’Iznogoud », est relativement nouvelle au sein de la formation héritière du PCM, puisqu’auparavant, on enregistrait tout au plus deux candidats à un tel poste lors des congrès statutaires.

Aujourd’hui, Nouzha Skalli, M’hammed Grine et Adelhafid Oualalou briguent le poste suprême, accompagnés de Mohamed Saïd Saadi, qui avait déjà tenté de ravir la place à Nabil Benabdallah lors des précédentes assises du PPS.

L’actuel Secrétaire général quant à lui, qui compte bien se représenter et remporter la bataille, campe sur une position de « sagesse stratégique », celle qui s ‘appuie sur les signaux forts que la base, c’est-à-dire les congressistes, ne manquera pas de donner dès l’ouverture du 9ème congrès.

Cela se fera, en réservant dès l’entrée de Nabil Benabdallah, les ovations qui ont toujours salué, illustré, accompagné, les arrivées du Zaïm depuis l’époque d’Ali Yata, dans tous les fora du Parti.

Lorsque tous les aspirants à la succession seront réunis, de concert avec les militants, dans l’immense salle du congrès, le « camarade Nabil » fera son apparition, et c’est à l’applaudimètre que tous comprendront que la candidature à sa propre succession sera proclamée…

Nul doute d’ailleurs que l’actuel patron du PPS ne se préoccupe que très peu des « campagnes de presse » menées ci et là pour tenter d’accréditer l’idée qu’il aura fort à faire pour sa réélection.

Challengers et loosers…

Car si Abdelhafid Oualalou, représentant en quelque sorte de l’aile « dure » du parti et à ce titre héritier de feu Simon Lévy, entend s’appuyer sur les vestiges du courant « La Zilna Fil Tariq », son influence serait limitée à quelques cellules du Quartier de l’Océan à Rabat où il milite depuis des décennies.

M’hammed Grine, qui fut un temps enclin à soutenir feu Thami El Khiari dans l’aventure du FFD scissionniste, ne constitue également pas une menace pour Nabil Benabdallah, notamment parce que son profil et sa carrière de haut cadre de la CDG, mais aussi sa discrétion en tant « dirigeant politique de terrain » l’ont privé de « troupes militantes ».

Qu’-a-t-il en effet à son actif, sinon de s’être occupé un temps des affaires extérieures du PPS, avant d’être invité à s’installer confortablement dans les fauteuils du « Conseil des Sages » ? Celle-ci n’est qu’une instance purement honorifique que préside Moulay Ismaïl Alaoui, qui, en 1997, succéda à Ali Yata.

Mohamed Saïd Saadi, qui surfa longtemps sur la vague du succès que lui valut son combat courageux pour l’égalité des genres quand il occupait un poste ministériel dans le premier gouvernement d’alternance, n’est plus en position aujourd’hui de constituer un réel challenger pour Nabil Benabdallah.

Sa désertion des réunions du Bureau Politique du PPS et son absence de la scène politique, ont sans doute définitivement fait de lui un « has been » au come back impossible…

L’outsidère…

Reste donc Nouzha Skalli, militante éprouvée, expérimentée, sûre d’elle-même, et de ses convictions, qui dispose d’un panel d’atouts incontestables. Elle fut une ministre active et appréciée, bataillant sans relâche sur des dossiers épineux ou sensibles, (égalité des femmes, emplois des enfants). Elle a dirigé l’Alliance des progressistes à la Chambre des Représentants. Mais surtout, « la camarade Nouzha » n’a pas sa langue dans sa poche et a souvent exprimé des vues et opinions fortes, sans craindre d’aller à contre-courant, notamment lorsque la question de la participation du PPS au gouvernement de Abdelilah Benkirane fut posée devant les instances de son parti.

Depuis la fin de 2011 donc, on peut dire que la posture adoptée par Nouzha Skalli est celle, pour le moins, d’un soutien critique et la parlementaire du PPS ne fut pas la dernière à condamner sévèrement la représentation féminine tout juste symbolique dans la première équipe Benkirane qui ne comptait que Mme Hakkaoui comme ministre !

Aujourd’hui, l’ancienne responsable du département de la Famille et de la Solidarité sociale se lance à l’assaut d’une citadelle qu’elle sait peut-être imprenable en l’état des consciences et des réalités politiques marocaines. Celle du machisme qui sévit à très fortes doses au sein des partis et qui fait qu’aucune formation politique historique ( ne parlons pas du PSU, trop hizbicule) ne soit dirigée par un représentant de la moitié (voire plus) de la population du Royaume.

Nouzha Skalli est candidate à la succession de Nabil Benabdallah, non pour gagner, mais pour faire bouger les lignes et obtenir que le Parti du Progrès et du Socialisme, fidèle à sa tradition avant-gardiste auto-proclamée, soit la première force politique nationale à avancer concrètement dans l’’application d’une norme constitutionnelle, celle de la parité.

La candidate, qui n’a rien à envier à l’actuel secrétaire général du PPS en termes d’expérience politique, d’attachement à son parti, ou de militantisme concret, est donc, incontestablement, le seul et vrai outsider dans la course au secrétariat général.

 Nezha-skalli

Mais de plus, c’est sa qualité de femme qui donne un sens plus profond, plus symbolique, plus novateur et plus progressiste à sa démarche et qui, quel que soit le résultat final, permettra d’accréditer, pour l’Histoire, que le PPS a été conforme à son discours, à son orientation idéologique, à la place originale qu’il occupe au sein de l’arc politique national, patriotique et progressiste.

L’appareil, camarade, l’appareil…

Mais cette candidature sera-t-elle pour autant susceptible d’entraver sérieusement la marche triomphale de Nabil Benabdallah vers une réélection qui, somme toute, s’annonce logique ?

Sans préjuger du vote des congressistes, on notera que l’actuel patron du PPS dispose d’atouts que ses challengers sont très loin d’avoir.

Il a pour lui un sens inné du combat politique et une aptitude de communicateur né, de « tchatcheur » convaincant, de redoutable dialecticien.

Il a grandi dans les rangs du parti, d’abord à la Fédération de Paris, à l’’UNEM, à la JMPS (jeunesse du progrès et du socialisme), avant d’entrer au Comité Central du PPS aux côtés de Nadir Yata et d’autres militants de la « jeune garde » au début des années 90.

Nabil

Très vite, il a su s’imposer comme le second de Moulay Ismaïl Alaoui lorsque ce dernier prit les rênes du parti et son passage au ministère de la Communication, en tant que jeune quadragénaire, le lança définitivement sur la scène, très exposée, de l’élite politicienne nationale.

Certes, Nabil Benabdallah n’a jamais eu l’heur de remporter une bataille électorale, mais cette lacune est quasiment celle de tous les dirigeants historiques du PPS, hormis Me Abdellatif Ouammou, qui fut député de Tiznit.

Aujourd’hui, Nabil Benabdallah est le leader incontesté du PPS et perçu comme tel , à la fois par l’opinion publique, ses pairs en politique, ses propres militants. Il possède une influence (le mot est sans doute trop faible) indéniable au niveau de l’appareil du parti où certains de ses proches exercent les plus hautes responsabilités administratives.

Enfin, sa qualité de ministre dynamique et son rôle modérateur auprès de Abdelilah Benkirane sont des points forts que personne ne saurait lui enlever.

Voilà pourquoi, ce neuvième congrès du PPS, que certains présentent comme à haut risque pour Nabil Benabdallah, devrait, en toute logique, lui permettre de remporter un nouveau mandat de secrétaire général.

Nabil Benabdallah, après tout, a moins de soixante ans et n’a jamais été qu’une seule fois secrétaire général !!!

La nouvelle T.com



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