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Clôture Printemps Musical des Alizés d'Essaouira

La 14è édition du Printemps Musical des Alizés s’est clôturée dimanche, au terme d’un long week-end durant lequel la classe et la grâce de la musique classique a fusionné avec le charme et la convivialité de la ville d’Essaouira, pour donner lieu à une atmosphère presque magique.
Ainsi on pouvait croiser, dans une même salle de concert, des musiciens chevronnés, de jeunes talents, de fins connaisseurs, de simples profanes et parfois juste des curieux, en train d’admirer, chacun à sa manière, une musique classique qui descend de son tour d’ivoire pour aller à la rencontre du grand public.
Il en résulte une ambiance particulière qui semble enchanter même les musiciens habitués à un tout autre type de public. « Parfois, on est devant un public qui écoute très bien mais qui communique moins. Alors à chaque fois qu’on se trouve devant un public chaleureux c’est quelque chose d’exceptionnel. Il y a là une atmosphère particulièrement chaleureuse et sympathique », indique à ce propos, à la MAP, Patrice Fontanarosa, violoniste et Professeur au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.
Même son de cloche du côté du jeune musicien sud-coréen Da-Min Kim (violon). « Ce qui m’a capté est le fait que ce festival soit ouvert au public. Tout le monde peut écouter de la musique classique un peu partout dans la ville », se confie-t-il.
« Je pense que c’est agréable et très important pour faire connaitre la musique classique et la partager avec un plus large public », a-t-il souligné.
Cette 14è édition s’est terminée sur un ton de renouveau et de rénovation, avec un concert de clôture animé, à Dar Souiri, par l’Ensemble Contraste, qui tend à réinventer les limites du concert classique en plaçant le public au centre de sa démarche, tout en se forgeant un style fait de diversite?, de spontane?ite? et d’arrangements qui permettent la programmation originale de la musique classique au tango, à la comédie musicale, au jazz et à la création contemporaine.
Ainsi, Arnaud Thorette (violon), Johan Farjot (piano et arrangements), Maria Mosconi (alto) et Antoine Pierlot (violoncelle) ont interprété les œuvres de grands noms de la musique classiques comme Johan Sebastian Bach ou Wolfgang Amadeus Mozart, mais aussi des morceaux plus contemporaines et appartenant à un tout autre registre, comme « La Bohe?me » de Charles Aznavour.
Samedi soir, l’Orchestre Philharmonique du Maroc est revenu sur scène, sous la conduite de d’Olivier Holt et Bruno Membrey et en compagnie des solistes Patrice Fontanarosa (violon) et Da-Min Kim (violon), avec au programme des œuvres de Mozart, Camille Saint Saëns et Felix Mendelssohn, ainsi que la musiques de chefs d’oeuvre du cinéma mondial, comme « Harry Potter », « James Bond », « Mission impossible », « Il était une fois dans l’ouest », « Les parapluies de Cherbourg » et « Le Pont de la rivière Kwaï ».
Là aussi, la satisfaction était générale et chacun a pu y trouver son compte.
Pour M. Membrey, « c’était un programme très varié pour cette édition, qui confirme le caractère festif de ce festival très intense ».
La directrice artistique, Dina Bensaid affirme de son côté que « le pari est gagné ». « Chaque année on met la barre plus haut, pour être à la hauteur des exigences du public », souligne-t-elle, observant que « même si les œuvres présentées sont de plus en plus complexes, difficiles et profondes, le public et les artistes contribuent par leur présence à élever le niveau chaque année ».
Ainsi, la musique classique, un art réputé d’élite, a trouvé à Essaouira un espace d’expression libre où les frontières n’existent pas et où tous les arts sont appréciés à leur juste valeur.

La Nouvelle Tribune le 28 – 04 – 2014



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