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Intégration régionale : Le Maroc a une importante carte à jouer

L’ADEREE et la DII ont récemment organisé une rencontre sous le thème de la valorisation du potentiel des énergies renouvelables et sur le rôle du Maroc dans la mise en place d’un système de réseau électrique intégré et durable pour la région MENA-EU. Le cadre réglementaire actuel pénalise sérieusement les investisseurs privés dans les énergies renouvelables qui n’arrivent toujours pas à commercialiser l’énergie produite. Un accord de partenariat à haute valeur ajoutée vient d’être signé entre l’ADEREE et la DII dont l’objectif est de renforcer les deux institutions dans la poursuite de leurs projets respectifs.
Devenir le hub régional dans le secteur des énergies renouvelables, c’est le pari que le Maroc s’est fixé en 2009 avec le lancement de la stratégie énergétique marocaine. Depuis, plusieurs projets d’envergure ont vu le jour aussi bien dans le solaire que dans l’éolien pour atteindre les objectifs fixés, soit 4 GW à l’horizon 2020.
Or, cette ambition ne peut aboutir sans une intégration régionale du réseau électrique, l’un des piliers de la stratégie qui vise non seulement de couvrir les besoins nationaux mais aussi d’exporter le surplus de cette énergie. L’enjeu est de taille pour le Maroc comme l’ont précisé les experts nationaux et internationaux qui ont pris part à une rencontre sous le thème «valoriser le potentiel des énergies renouvelables : le Maroc, acteur clé d’un réseau électrique intégré EU-MENA», organisée récemment par l’ADEREE et la DII.
Cette rencontre a permis d’échanger des avis sur l’état d’avancement des différents projets, de faire le point sur le cadre actuel dans lequel ils évoluent ainsi que sur les opportunités, les freins à lever pour un développement plus harmonieux et plus efficace du secteur et surtout sur le rôle que devra jouer le Royaume.
Said Mouline, Directeur général de l’ADEREE, souligne que notre pays est prêt aussi bien sur le plan politique, légal et technique pour échanger entre la région MENA et l’Europe.
Il rappelle également le rôle important que peut jouer le Maroc pour exporter de l’électricité d’origine renouvelable vers l’Europe et ainsi avoir des recettes énergétiques. Ce qui impacterait positivement nos exportations, réduirait notre facture énergétique et baisserait notre déficit commercial.
En effet, grâce à sa situation géographique, ses ressources naturelles exceptionnelles (solaires et éoliennes) et les avancées importantes enregistrées dans ce domaine, le Royaume est amené à jouer le rôle de catalyseur régional pour le développement des énergies renouvelables et de la mise en place d’un système du réseau électrique intégré et durable pour la région MENA-EU.
C’est ce qu’a révélé l’étude réalisée par la DII qui a combiné entre une analyse sur les opportunités de développement des énergies renouvelables dans la zone MENA et une autre sur les bienfaits du système électrique intégré des marchés régionaux et internationaux.
Paul Van Son, PDG de la DII, a salué les efforts déployés dans ce domaine en affirmant que le Maroc offre l’environnement le plus favorable pour le développement des énergies renouvelables dans la région MENA.
«Nous allons accompagner le Royaume dans sa politique énergétique pour développer davantage et améliorer les conditions du marché», souligne-t-il.
Avec plus de 100 GW de sites attractifs dans l’éolien et le solaire identifiés par l’étude, le Maroc a toutes les composantes pour mener à bien sa politique. «A l’avenir, le Maroc deviendra le premier pays à posséder la plus grande capacité de production des énergies renouvelables non hydrauliques dans la zone MENA», précise Philipe Godron, directeur réglementaire & marchés à la DII.
Les défis de demain
Par ailleurs, les experts ont insisté sur l’urgence d’ouvrir le marché de l’électricité marocain à l’international. Car, malgré les avancées réalisées qui lui ont valu d’être le pionnier en matière d’énergie durable dans la région MENA, il enregistre encore du retard sur le plan réglementaire, particulièrement dans le secteur de l’électricité. Un secteur qui joue un rôle important dans l’économie nationale et qui connait des mutations d’envergure s’inscrivant dans la politique gouvernementale de privatisation, de libéralisation, d’encouragement à l’investissement et de l’ouverture à l’international. Aujourd’hui, ce retard pénalise sérieusement les investisseurs privés dans les énergies renouvelables qui n’arrivent toujours pas à commercialiser l’énergie produite. «Ce retard met en péril notre investissement et nous empêche de nous projeter dans l’avenir», déplore un investisseur espagnol qui opère dans l’énergie solaire.
Les opérateurs privés revendiquent la mise en place d’une agence de régulation autonome qui se chargera, entre autres, de contrôler le secteur, de fixer les tarifs, de garantir la non-discrimination des acteurs, de faciliter l’export…
Pour favoriser cette dynamique en matière de développement énergétique durable, l’ADEREE et la DII ont signé un accord de partenariat à haute valeur ajoutée dont l’objectif est de renforcer les deux institutions dans la poursuite de leurs projets respectifs. Cette collaboration aura des retombées positives sur la production électrique issue de l’énergie renouvelable décentralisée connectée au réseau dans les collectivités territoriales.
Encadré : Quid de la DII ?
DII est une initiative industrielle internationale qui travaille en collaboration avec ses partenaires issus de 16 pays différents à la réalisation d’un marché des énergies renouvelables issues des déserts d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient et, sur le long terme, à l’intégration de celui-ci dans les marchés européens de l’électricité.
En tant qu’expert et catalyseur, DII stimule l’émergence de ce marché en facilitant la mise en place de projets et de partenariats dans la région méditerranéenne. L’initiative formule des recommandations sur la meilleure façon d’introduire cette électricité propre en provenance des déserts sur un marché commun. Elle met en évidence les freins politiques, réglementaires, financiers, technologiques et socioéconomiques à ces développements et propose des moyens de les lever, tels que présentés dans son rapport «Desert Power : Getting Started» publié en juin 2013. Au Maroc, DII accompagne le programme national de développement des énergies renouvelables en collaboration notamment avec l’ADEREE, la SIE et MASEN.

                                                                                                                                   Finances news le 17 – 04 – 2014
Mosquées vertes
Les ministères de l’Energie et des Affaires islamiques se sont associés pour la réhabilitation énergétique des lieux de culte. En effet, mille mosquées sur les 45.000 existantes au Maroc vont se mettre au vert.
Pour ce faire, les deux ministres ont signé un accord de partenariat pour la réhabilitation énergétique des mosquées nationales dans le cadre de la promotion de l’efficacité énergétique. Cet accord de partenariat, auquel s’est associée l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables, vise à réduire la consommation énergétique des mosquées de 30 à 40%.
Au programme, l’installation d’un système d’éclairage économique (ampoules à faible consommation énergétique) et de panneaux photovoltaïques et de chauffe-eaux solaires.



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