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Les revendications du Maroc sur Ceuta et Melilla de nouveau sur la table en 2015 ?

Selon la presse espagnole, le gouvernement espagnol est déjà en état d’alerte. Et pour cause, le Maroc préparerait une offensive à l’ONU pour réclamer Ceuta et Melilla en 2015. Si cela se confirme, ce serait la première tentative depuis 40 ans.
2015 sera-t-elle l’année où le Maroc sortira enfin du silence concernant Ceuta et Melilla ? Rabat préparerait une offensive pour réclamer Ceuta et Melilla l’an prochain, révèle le site d’information espagnol El Confidential, citant des sources diplomatiques.
D’après ces sources, le Maroc aurait l’intention de soumettre sa demande à l’ONU pour examen. Rabat aurait l’intention de mettre en avant l’argument selon lequel les deux enclaves ne relève pas du champ d’application de l’OTAN, que l’Espagne a accepté de rejoindre via la signature du pacte de 1986.
« Une épée de Damoclès est suspendue sur la tête de l’Espagne jusqu’à ce que le Maroc rouvre ce dossier »
Dans le milieu diplomatique espagnol, les avis sont partagés sur la question de Ceuta et Melilla. Certains estiment que les deux enclaves ne pourront jamais être considérées comme des territoires coloniaux. D’autres par contre, pensent que l’Espagne devrait faire attention et considérer l’histoire. C’est le cas de Francisco Villar, ancien ambassadeur d’Espagne en France et représentant permanent auprès de l’ONU, il est l’un des diplomates ibérique les plus considérés. « Une épée de Damoclès est suspendue sur la tête de l’Espagne jusqu’à ce que le Maroc ouvre à nouveau ce dossier », a-t-il déclaré une fois, s’exprimant au sujet de Ceuta et Melilla.
Avis partagé par Angel Manuel Ballesteros Garcia, premier et seul diplomate à avoir été en poste au Sahara occidental après le départ de l’Espagne. D’après lui, « la méconnaissance de cette réalité par l’Espagne pourrait être dangereuse. Raison pour laquelle il convient d’y être préparé ».
Y a-t-il vraiment de quoi avoir peur pour Madrid ?
Il faut cependant préciser que toute action du Maroc recevra forcément l’aval du roi Mohammed VI au préalable. Et pour la presse espagnole, ce n’est pas très rassurant, car dit-elle, le monarque est « devenu très sensible aux demandes de la population ». El Confidential fait ainsi allusion aux multiples voix qui s’élèvent pour réclamer la marocanité de Ceuta et Melilla. De plus, note le journal, le Maroc a le soutien de la Ligue arabe et de l’Union africaine, qui ne considèrent pas les deux enclaves comme relevant de la souveraineté espagnole.
Par ailleurs, l’Espagne serait dans une position délicate à cause de Gibraltar. Selon les informateurs d’El Confidential, les autorités chérifiennes envisageraient de « comparer la situation de Ceuta et Melilla à celle de Gibraltar ». On se souvient que la marocanité des deux enclaves a récemment refait surface, sur fond de querelle diplomatique entre Madrid et Londres. Alors que le gouvernement Rajoy revendiquait Gibraltar, les autorités britanniques ont répondu en lui demandant de rendre Ceuta et Melilla au Maroc. Cela avait déchainé les passions des politiques espagnols. Le président de Melilla, Juan José Imbroda, avait réagi sur sa page Facebook estimant qu’il n’y a plus de marocanité de ces territoires qui tienne, car, « le Maroc a eu l’occasion de revendiquer dans les années 70, mais ne l’a pas fait ».
Actuellement au Maroc, aucune information ne filtre concernant les possibles revendications de 2015. Nous avons tenté de joindre en vain le ministère des Affaires étrangères afin d’obtenir des réponses. Mais signalons déjà qu’en 2012, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane et le président de la Chambre des conseillers Mohamed Cheikh Biadillah – lors de leur visite respective à Madrid – disaient « attendre de meilleurs jours » pour aborder le sujet. « Ce n’est pas un problème que nous allons résoudre du jour au lendemain », avait affirmé le Premier ministre. Cette attitude avait amené des politologues marocains à dire que Rabat « maintient volontairement le doute sur des questions cruciales ». Si le Maroc se décide enfin à réclamer Ceuta et Melilla, ce sera le premier acte du genre en 40 ans. Car depuis 1975, le Maroc n’a plus jamais officiellement abordé le sujet avec son voisin.

Ristel Tchounand



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