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Sahara: Omar Hilal charge l'Algérie

Le désespoir des jeunes à Tindouf les jette dans les bras de l’extrémisme
Pour Omar Hilal, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à Genève, «les camps de Tindouf sont une calamité, puisque toute une génération a été perdue, et se trouve actuellement sans espoir»
La dynamique de la diplomatie au sein du Conseil des droits de l’homme, où le Maroc a été élu membre durant la session de mars, s’explique par les différentes grandes réformes menées au niveau national. C’est ce qu’a affirmé Omar Hilal, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies à Genève, lors de son intervention au Forum de la MAP, organisé hier à Rabat. Pour lui, «le Maroc se distingue par le lancement de ses chantiers à la fin des années 90, avec le gouvernement d’alternance, contrairement à d’autres Etats dont le récent processus de transition a été marqué par la confrontation, parfois sanguinaire». Hilal a insisté, dans ce sens, sur «la nature profonde des réformes menées et leur approche participative». C’est ce qui permet de contrer les manœuvres des ennemis de l’intégrité territoriale. Car, «au moment où ils se basent sur le travail des lobbys, le Maroc dispose du soutien des Etats», a-t-il ajouté. C’est pour cela que le diplomate se dit confiant concernant le contenu de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité, prévue avant la fin du mois. Entre temps, le secrétaire général des Nations Unies rendra public demain son rapport sur le Sahara. Quoi qu’il en soit, «nous restons ouverts aux négociations pour l’aboutissement à une solution politique, sur la base de la proposition d’autonomie», a noté Hilal. Il a insisté sur l’importance de procéder au recensement des populations du camp de Tindouf, qu’il a qualifié de «calamité du siècle, puisque toute une génération a été perdue, et se trouve actuellement sans espoirs». Ce recensement, réclamé par le Maroc, mais aussi par des organisations internationales, est important pour la détermination des besoins en aides humanitaires, mais constitue également un élément décisif dans la recherche d’une solution à ce conflit. Or, l’Algérie continue à s’entêter en refusant de laisser le Haut commissariat aux réfugiés de procéder à cette opération. Surtout que «depuis 1982, l’Algérie présente le même nombre de personnes dans les camps, à savoir 165.000. Ce qui n’est pas logique, puisque la population aurait connu une évolution durant ces 30 années», a-t-il estimé. Globalement, l’ambassadeur marocain a déploré «la démission de l’Algérie de ses fonctions dans les camps», comme cela a été souligné par plusieurs organismes internationaux. Ce vide laissé par l’Etat algérien s’est traduit par une situation de fragilité «exploitée par les terroristes et les réseaux de trafic en tous genres», a indiqué le diplomate. D’autant plus que «le désespoir des jeunes dans les camps les pousse à se tourner vers les mouvements extrémistes qui pullulent dans la région», a-t-il souligné. Le diplomate a également épinglé certaines ONG qui manquent de partialité, en omettant de mettre la lumière sur les violations des droits de l’homme dans les camps de Tindouf.
Aujourd’hui, tout le monde est conscient que la résolution de l’affaire du Sahara est liée à un changement de position de l’Algérie. Or, «nous constatons depuis quelques mois une nouvelle escalade de tension avec le voisin de l’Est. Celui-ci serait notamment irrité par la tournée royale en Afrique, qui a renforcé la présence du Maroc dans le continent, et mis fin à l’idée de cour arrière de certains Etats», a avancé Omar Hilal. C’est pour cela que l’espoir est porté actuellement sur «l’émergence d’un leadership algérien, capable d’inscrire l’intérêt de l’Algérie dans l’espace régional. L’idée est d’avoir une vision commune de l’avenir et non pas une perspective de confrontation», est-il indiqué.
Le Maroc ouvert aux envoyés onusiens
Omar Hilal a mis l’accent sur l’aspect volontariste de l’implication du Maroc dans les procédures du Conseil des droits de l’homme à Genève. En effet, Rabat a choisi des «procédures politiques sensibles, comme celles sur la non discrimination à l’égard des femmes, sur la torture ou sur la traite des êtres humains», a-t-il affirmé. Selon le diplomate, des demandes ont été envoyées à différents rapporteurs du Conseil pour effectuer des visites au Maroc. C’est le cas notamment de ceux chargés des dossiers de l’environnement, de l’indépendance de la justice, ou encore de la liberté du culte. Depuis 2011, près de 5 rapporteurs du Conseil ont visité différentes régions du Royaume. Et «nous avons choisi un processus interactif, notamment avec le rapporteur sur la torture, dans la mesure où il a tenu des réunions avec des responsables marocains, à Genève, qui lui ont présenté l’évolution de la mise en œuvre des recommandations contenues dans son rapport». Parallèlement, l’ambassadeur a annoncé que le Haut commissaire aux droits de l’homme effectuera une visite au Maroc le mois prochain.

L’Economiste le 09 – 04 – 2014



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