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La part de l'industrie au Maroc dans le PIB serait de 23%

Un demi-million d’emplois, accroissement de la part de l’industrie dans le PIB de 9 points…ce sont là les objectifs d’ici 2020 du plan d’accélération industrielle
«GARDER le cap tout en changeant de dimension industrielle». C’est le mot d’ordre des Assises de l’industrie, tenus, hier, mercredi 2 avril, à Casablanca en présence du Souverain. Les «écosystèmes performants» constitueront le levier principal qui devrait être actionné pour réduire l’atomisation sectorielle qui caractérise le tissu industriel.
L’idée n’est pas de faire table rase du plan Emergence, mais de capitaliser sur les stratégies lancées et d’accélérer l’industrialisation du pays. Une accélération qui devrait se traduire dès 2020 par la création d’un demi-million d’emplois dont la moitié proviendrait des investissements directs étrangers ainsi que l’accroissement de la part de l’industrie dans le PIB. Celleci devrait prendre 9 points, passant à 23% en 2020 contre 14% aujourd’hui. Ce qui permettra au Maroc d’être au même niveau que les grandes économies émergentes.
Des objectifs ambitieux dont la concrétisation nécessite des mesures chocs. Le Programme d’accélération industrielle présenté par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, s’appuie sur dix mesures regroupées en trois blocs dont celles favorisant les écosystèmes autour d’entreprises locomotives. Comme le suggérait la CGEM, (cf. L’Economiste n° 4244 du lundi 31 mars), de nouvelles relations entre grands groupes et PME doivent être créées. Les premiers joueront le rôle de locomotives et donneront de la sécurité et de la perspective aux secondes. Quant aux PME, elles offriront leur créativité, leur sens de l’innovation ainsi que leur agilité. Ces écosystèmes regrouperaient ainsi des leaders industriels et des PME dans une zone industrielle dédiée.
Objectif, constituer «de véritables filières technologiques autour de programmes ciblés de coopération aboutissant à des
contrats de fourniture long-terme et des transferts technologiques». C’est un peu le schéma des districts industriels en Italie. Ces écosystèmes industriels se traduiront notamment par des contrats de soustraitance avec le tissu local, une mise à niveau de la qualité des produits, une plus forte capacité d’exportation ainsi que le développement de la substitution.
L’étude de la CGEM sur le partenariat grandes entreprises-PME a identifié les moyens d’assurer l’intégration entre les grandes entreprises et les PME. La confédération a établi un plan et identifié les entreprises pilotes pour cette opération qui devrait aboutir dans 4 à 5 ans à la participation de 7.000 PME.
Dans cette logique d’écosystème, la commande publique, en particulier la compensation industrielle qu’elle doit induire,
est appelée à jouer un rôle important. «Nous souhaitons optimiser les retombées resociales et économiques de la commande publique via l’offset qui représente près de 20% du PIB», note Elalamy. Sur ce point, les positions entre patronat et gouvernement se rejoignent. Cette compensation qui consiste à réserver une part de contenu local des grands projets, comme c’est le cas du TGV ou encore de la centrale solaire de Ouarzazate, devrait ainsi permettre de monter sur la chaîne de valeur dans les filières.
Elle devrait aussi se traduire par la substitution de certaines importations par des achats de produits ou services auprès du tissu local. «Il ne s’agit pas là d’une tentative de fermeture de notre marché, mais plutôt d’une dynamique performante de patriotisme économique visant à renforcer les acteurs locaux concernés par la commande publique», soutient le ministre de l’Industrie. Pour lui, le volet transfert de technologie devra faire l’objet d’une vigilance particulière, et ce, à l’instar des mécanismes observés chez les pays émergents tels le Brésil ou la Malaisie.
Un noyau stratégique pour la promotion
LA réforme de la gouvernance est incontournable. Elle est même nécessaire pour réussir le pilotage de la transformation industrielle. Pour cela, le ministère de l’Industrie prévoit quatre axes. Le premier est la mise en place d’un comité interministériel qui sera chargé de la coordination et de la mise en oeuvre de la stratégie. Le deuxième consiste dans la création d’un noyau stratégique de promotion à fin d’assurer la convergence des actions des différents organes de promotion (AMDI, CMPE, Maroc Taswiq et l’OFEC). Le troisième axe préconisé par l’équipe Elalamy est la création d’un guichet unique en faveur des investisseurs dans les parcs industriels. Quant au dernier, il préconise la mise en place d’experts sectoriels. Il s’agit d’une équipe dédiée à l’animation des écosystèmes industriels et du deal making (équipe dédiée à attirer les investisseurs de manière agressive).
L’Economiste le 03 – 04 – 2014



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