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« L’Echarpe rouge » : Un film poignant des années soixante au lendemain de la « guerre des sables »

Le film « L’Echarpe rouge » du cinéaste marocain Mohammed Lyounsi se présente enfin à l’appréciation du grand public ! Une chronique poignante des années soixante au lendemain de la « guerre des sables » qui avait conduit à l’expulsion des Marocains de l’Algérie.

En vérité, ce film lèche la dimension universelle en ce sens qu’il pointe la destruction des destins au moyen de la raison d’Etat. L’histoire de ce couple séparé aurait pu, en effet, se passer entre les deux Corée ou naguère les deux Vietnam.

Feu Bestaoui y accomplit une prouesse admirable en interprétant un rôle de composition dont il a magistralement maîtrisé les postures et le phrasé. Karim Saïdi y interprète le rôle du mari expulsé, à l’instant même où il accède à la paternité. Un jeu puissant et talentueusement articulé autour de l’émotion. Mohamed Choubi, bien qu’il y joue un second rôle, s’y est illustré au moyen d’un jeu tout en nuance. Quant à Yousra Tarek, elle a démontré sa puissance interprétative sous des coutures diverses et variées, y compris au registre de la séduction corporelle fort expressive. Et puis Jamaleddine Dkhissi parcourt le film dans le rôle du pervers cynique et jouissif. Une prestation marquée par la crédibilité.

L’image s’impose par l’ampleur des gros plans, notamment au sein de ces grands espaces qui séparent deux pays déchirés par leurs raisons d’Etat respectives.

« L’Echarpe rouge » a su éviter le positionnement idéologique et même politique en épousant une approche romanesque enceinte d’émotions.

descriptif

Lahbib « Marocain », mari aimant, n’a jamais vu sa femme Louisa « Algérienne » dans cet état, sa femme attend son premier bébé. Lahbib panique. Avec l’aide de son ami Belakhder « Algérien », il emmène sa femme au « dispensairematernité » d’un village avoisinant. L’infirmière lui demande d’aller chercher une layette pour le futur bébé. Ce jourlà, la guerre des sables éclate, Lahbib « absorbé », préoccupé par l’état de sa femme, ne s’aperçoit de rien et ne prête aucune attention à l’agitation inhabituelle du village. Sur le chemin du retour au « dispensairematernité », la layette à la main, des soldats l’interceptent, lui demandent sa carte d’identité, découvrent qu’il est Marocain, le mettent dans un camion et le jettent à la frontière. Et là commencent les souffrances d’un couple « déchiré » par la bêtise humaine.

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